
Nos rescapés viennent tous d’horizons différents. Certains directement des abattoirs, d’autres de marchands, certains encore viennent de saisies pour maltraitances et d’autres, enfin, ont tout simplement été abandonnés. Un seul point communs: tous ont été oubliés ou rejetés. Un jour bien sur, ils ont fait la gloire de quelqu’un, ils ont été les plus beaux chevaux ou les plus gentils aux yeux de celle-ci. Mais aujourd’hui plus personne ne veut d’eux ! Pourquoi ? Parce qu’ils ont eu un bobo, parce qu’ils ne rapportent plus d’argent, parce qu’ils ont été mal compris, trop vieux, plus assez performant, trop petit, parce qu’ils ne sautent plus, parce qu’il y a toujours bien une « bonne » raison pour en changer ! Chez nous, ils retrouvent doucement goût à la vie et réapprennent à faire confiance. Cela prend du temps mais nous y arrivons, avec beaucoup d’amour et de patience. Certains gardent une certaine méfiance et un profond chagrin, mais nous nous attelons à leur démontrer que désormais, ils seront choyés et protégés. Nous mettons chaque jour tout en œuvre pour aboutir au résultat que l’on connait aujourd’hui: des chevaux heureux d’être là et qui partagent quotidiennement ce bonheur à nos côtés.
| Normandie |
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S ur un site internet un message nous interpelle. De l'aide est demandée pour sortir de chez un marchand qui n'en veut pas, une vieille jument. Si le marchand la "donne" c'est que cette pauvre bête est loin. Personne ne bouge, personne n'en veut, nous décidons d'aller la chercher. Arrivés sur place, l'horreur ... Un squelette, un cheval aphatique, un sac d'os. Le marchand la sort d'un box sombre où elle agonisait seule dans le noir et le froid et sur un jus de purrain. La pauvre savait encore à peine se déplacer. Quelques pas maladroits et hop dans le van. Arrivés à 50 mètres de la maison, un tremblement se fait dans le van et en arrivant la découverte, la pauvre était épuisée et s'était écroulée dans le van. Pour la sortir il fallut la descendre couchée, elle n'avait plus la force de se lever, son coeur palpitait.
Nous l'avons installée pour la nuit dans un grand hall, après lui avoir fait des câlins, donné de l'eau et des carottes. Nous pensions qu'elle reprendrait des forces … Le lendemain, pareil, la pauvre était toujours couchée. Après plusieurs efforts avec notre vétérinaire il était clair qu'elle n'en voulait plus. Son arrière train était paralisé et elle ne savait physiquement plus se lever. Après un long débat sur ce qu'il était possible et mieux pour elle il fallut se rendre à l'évidence: continuer à la maintenir c'était se battre contre le temps et continuer à faire souffrir cette pauvre mamy. Nous avons donc décidé de lui donner un après-midi tranquille, entourée d'affection, de paille fraîche et de nourriture. Le soir, notre vétérinaire est revenu et nous l'avons accompagnée vers sa dernière demeure. Nous regrettons de n'avoir pu faire quelque chose plus tôt pour cette pauvre mamy. Normandie c'est le nom que nous lui avons donné, s'en est allée dignement, entourée d'amour et de douceur. C'est le seul cadeau que nous avons pu lui faire.
Elle a rejoint le ciel et y apporte désormais sa lumière.
Va ma belle, rejoindre le ciel, va leur dire, à ceux qui nous ont déjà quittés, que nous ne les oublions pas, va, profite aujourd'hui et à jamais de ces vertes plaines, va Normandie. |